La sélection Prix du Public Cultura 2016 – Partie 2/4

Seconde vague de présentation des titres parmi lesquels nous proposons d’élire votre Prix du Public Cultura 2016 avec :

Cher pays de notre enfance

Cher pays de notre enfance – Benoît Collombat/Etienne Davodeau – Futuropolis

Lorsque, adolescent, on étudie l’Histoire de France, la période allant des années 50 aux années 70 peut être abordée sous plusieurs angles : les Trente Glorieuses, la Décolonisation, Mai 68, ou encore l’avènement de la Vème République. Avec leur BD reportage Cher pays de notre enfance, le journaliste Benoît Collombat et le dessinateur Etienne Davodeau nous proposent de découvrir une facette nettement plus sordide de cette époque. Le livre est une véritable enquête d’investigation dessinée. Au travers de témoignages sur l’assassinat du juge Renaud, les exactions du Service d’Action Civique (Milice Gaulliste), ou encore le très douteux suicide du ministre Robert Boulin, c’est un pan sombre et sinistre de l’histoire politique française qui se trouve mis en lumière.

La renarde

La Renarde – Marine Blandin/ Sébastien Chrisostome – Professeur Cyclope

Si La Renarde à des faux airs d’album jeunesse, que ce soit par son format ou par son graphisme, ce n’est qu’une ruse pour déguiser son humour tout à la fois cynique et féroce. La star de cet album, c’est La Renarde. Vile et maligne à souhait, elle multiplie les stratagèmes pour boulotter poules et lapereaux, elle prend plaisir à traumatiser la lapine ou à faire tourner en bourrique le chasseur comme le chien de garde (une proie facile avouons-le). Coté structure, on est dans le comic-strip façon Garfield, Calvin et Hobbes ou Dilbert : une saynète par page, 5 à 6 cases par saynète. Coté univers, imaginez plutôt celui des cartoons de la Warner auquel s’ajoute une bonne dose de maturité et d’immoralité.

La république du catch

La République du Catch – Nicolas de Crécy – Casterman

Réalisé à la demande de l’éditeur Shūeisha, le dernier bijou de Nicolas de Crécy fut initialement publié dans les pages d’Ultra-Jump, l’un des mensuels japonais majeurs en matière de Seinen, entre 2014 et 2015. La république du catch c’est littéralement le manga d’un grand de la BD française. Entendez-moi bien, il ne s’agit pas d’un manga sauce bleu-blanc-rouge mais tout au contraire d’une œuvre qui, sans jamais renier l’authenticité de son auteur, reflète sa compréhension subtile des codes du manga comme son envie de partager son univers avec des lecteurs de tous horizons. Et l’histoire me direz-vous, eh bien, c’est un génial fouillis étonnamment cohérent qui mêle entre autres : des fantômes, du catch, des mafieux, un bébé maléfique, un pingouin et une tête assassine montée sur roulette. Folle, tendre, dynamique, poétique, trépidante ne sont qu’une poignée des adjectifs pouvant décrire l’incroyable aventure à laquelle vous invite cette histoire hors-norme à plus d’un titre.